Depuis le temps que j’en parle, vous avez compris que j’avais une dent contre les « bien-pensants » de la grossesse. A vrai dire, j’ai toujours eu une dent contre les bien-pensants tout court. J’ai horreur de ces gens qui se croient obligés de te prêcher la bonne parole. Déjà c’est infantilisant, et ensuite vecteur de pensée unique et ça me gonfle. J’aborderai à peine, pour illustrer, cette idée sur le plan politique (sujet trop « brûlant » en ces temps), mais ça m’a toujours gavée de constater pendant les soirées ou chez les médias, que certaines couleurs avaient plus le droit au chapitre que d’autres. Consternant de voir que les plus fervents opposants à l'extrêmisme en sont aussi inconsciemment les plus forts catalyseurs par leur politique de censure et de politiquement correct...

Ca me soule aussi de constater qu'à l'heure d'aujourd'hui, alors que les médias te font croire que toutes les filles ont un mégarabbit à tête rotative dans leur tiroir ou font de l'échangisme et que c'est normal, la sexualité féminine sous toutes ses formes reste toujours sujette à critique dans la vie réelle. Les libérées sont toujours des putes ou des nymphos pour les uns, les fidèles à un homme à vie des coincées pour les autres, les "je n'aurai jamais d'enfant" des nids à problèmes psy ou encore les "j'aurai un enfant toute seule" des égoïstes inconscientes pour bon nombre. Et encore, je ne parle même pas des lesbiennes...Bref, difficile de sortir un temps soit peu des rails du modèle médian sous peine de subir les affres de la critique et du jugement. C’est également la raison qui explique que je sois non religieuse. Ce côté prêchi-prêcha, « il faut/il faut pas », j’ai juste envie de dire merde.

Ca ne veut pas dire que je sois intolérante face à ceux qui ont telles idées politiques, telles conceptions du couple et de la tradition ou encore telle religion. Bien au contraire, j’adore discuter avec des gens qui ne pensent pas comme moi. La diversité c’est l’éclate, c’est ça qui fait avancer. Mais que l’on n’essaie pas d’être prosélyte ou d’afficher une supériorité de pensée, parce que là, je sors les griffes.

Mais revenons à nos moutons : les Terroristes de la Mère Parfaite (TMP). En discutant avec ma mère de sa propre expérience, nous avons toutes les deux fait le constat de l’augmentation considérable de la pression pesant sur les futures mères en 30 ans. Aujourd’hui, on doit être des superwomans irréprochables : toujours fraîche et sexy à 40 piges sinon on dit que t’es périmée, toujours disponible et performante au taf sinon on dit que « t’es bien une bonne femme », et bien sûr, une femme au foyer digne des clichés de l’après-guerre sinon on dit que tu es une mère indigne et on plaint ton mari. Et le pire, c’est que la femme est le 1er vecteur de ces idées à la con.

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J’adore Elisabeth Badinter qui nous dit qu’il n’y a « que des mères médiocres ». Je recommande son bouquin qui peut être critiquable par certains aspects (notamment les chiffres ou illustrations qu’elle avance), mais qui a au moins le mérite de bousculer un peu les préconçus.

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Aujourd’hui la maternité est surmédicalisée et surencadrée. Tu passes ton temps à faire des examens, à prendre des « compléments vitaminiques », à te verser une bouteille d’huile tous les jours sur la tête pour que le corps s’abîme le moins possible, à réduire la liste d’aliments ingérables aux doigts des deux mains, à prendre du repos/faire de la sophrologie/yoga parce qu'il ne faut SURTOUT PAS stresser le bébé...tout en t’incitant à clairement fermer ta gueule au boulot sous peine d’être immédiatement cataloguée « OUT ».

Je ne jette la pierre à personne : je verse moi-même dans bon nombre de ces travers (inquiétudes inutiles dès que j’ai un pet de travers, serrage de dent au bureau, bouteille d’huile qui coûte un bras...). Mais quand on y pense, quelle pression ! Et ce n’est que le début. Il y aura ensuite des TMP pour te dire que : «Aaaah boooon ! Tu n’allaites pas ? Pourtant, c’est le meilleur des laits ». Ou bien : « Gnnnnnniiiiiiiii ! tu le laisses pleurer ? »...

Ma réponse : chacun son gnome, chacun sa merde.